Ces derniers jours, l’encadrement différencié, soit cette politique éducative qui concentre des moyens complémentaires aux écoles qui accueillent les élèves qui rencontrent le plus de difficultés (anciennement appelée “discrimination positive”) et qui découle d’un décret de 2009, a beaucoup fait parler de lui.

En effet, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait dans un premier temps prévu de couper purement et simplement les moyens complémentaires de fonctionnement que le décret prévoyait, dès la rentrée scolaire 2015. Ceci constituerait une catastrophe pour les écoles concernées. C’est ainsi une série de partenariats, de projets, de sorties culturelles, d’aides aux élèves en difficulté qui tomberaient à l’eau, et ce sans autre forme de débat que ceux liés à l’adoption du budget.

Les écoles et pouvoirs organisateurs concernés n’ont pas manqué de protester ces derniers jours. J’avais pour ma part déjà essayé à plusieurs reprises d’obtenir des informations complémentaires de la Ministre. J’en avais d’ailleurs déjà parlé ici.

Hier, soumise à la pression, la majorité a décidé de revoir sa copie et soumis, en urgence, un amendement à son décret-programme, griffonné sur un coin de table.

Cet amendement est loin de me convaincre. Si il  garantit que les moyens resteront dans les écoles de l’encadrement différencié. Pour le reste, c’est juste un écran de fumée. L’amendement prévoit une « évaluation » par l’inspection, alors que le décret de 2009 prévoyait une évaluation plus large réalisée par la Commission de Pilotage. Par ailleurs, le gouvernement PS-cdH anticipe déjà les conclusions et les impacts de l’évaluation en décidant d’ores et déjà que les moyens iront au personnel de remédiation et que c’est lui-seul, à huis-clos, qui décidera dans quelle mesure.

Comprenons-nous bien, il est essentiel de renforcer la lutte contre l’échec et peut-être qu’une évaluation objective de l’utilisation des moyens octroyés pour l’encadrement différencié démontrera qu’il est nécessaire de réorienter certains moyens vers l’aide à la réussite. Je ne suis pas opposée à l’idée, mais il s’agit de faire le travail ouvertement et sérieusement.

Cela nécessite un véritable débat avec le secteur et les acteurs concernés. Ici, le gouvernement tente de nous faire croire qu’il va réfléchir alors qu’en réalité tout a déjà été décidé !

C’est pourquoi nous avons déposé un amendement alternatif qui supprime les dispositions initiales du projet de décret-programme relatives à l’encadrement différencié afin de cesser l’improvisation et de garantir les moyens supplémentaires des écoles qui accueillent les populations les plus pauvres. Et ce, en attendant qu’une évaluation sérieuse, publique et concertée du dispositif, comme le prévoit le décret, ait pu être menée.

 

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